Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

Document Actions

Un projet de loi anti-famille

25 mars 2013

Le gouvernement est sur le point de déposer un nouveau projet de loi sur la famille. Les détails ne sont pas encore précis mais les contours en sont connus et proclamés. Outre promouvoir l’égalité des modèles familiaux, il s’agit de

1) Trouver de l’argent pour l’Etat
2) Délivrer les enfants de l’emprise de leur famille
3) libérer les femmes de l’asservissement de leur dégradante condition de mère.

Trouver de l’argent pour l’Etat


Pour ce qui est de trouver de l’argent en ponctionnant la politique familiale, l’affaire a été sérieusement étudiée ces dernières années, le gouvernement précédent ayant déjà eu les mêmes tentations. Michel Godet,l’Union des Familles en Europe, l’IFRAP, ont tour à tour montré l’importance pour l’économie française et la stabilité sociale d’une politique familiale dynamique et cohérente. Nous avons fait état de leurs travaux sur ce site.
 

On ne soulignera jamais assez non plus que la politique familiale n’est pas une politique sociale. L’une vise à redistribuer l’argent de ceux qui en ont à ceux qui n’en ont pas. L’autre vise à compenser la baisse de niveau de vie de ceux qui ont des enfants –en raison des services rendus à la nation- par rapport à ceux qui n’en ont pas. Cette politique de compensation est indispensable si l’on veut que les gens, et notamment ceux des classes moyennes, voire aisées, continuent à avoir des enfants.


Mais comme il est néanmoins impérieux de faire des économies, dans tous les domaines et pourquoi pas aussi à travers la politique familiale, Il existe une façon de trouver de l’argent dans une réforme de cette politique. Il s’agit tout simplement de réduire les considérables frais de gestion du système complexe d’allocations présentes. C’est ainsi que l’IFRAP, après avoir souligné que contrairement à ce que l’on pense couramment, la moitié des allocations familiales sont déjà soumises à conditions de ressources, met en évidence le fait que le coût de gestion, pour l’ensemble des prestations sociales, est d’environ 35 milliards d’euros pour 55,5 milliards d’euros d’allocations distribuées.
Réduire ces coûts de fonctionnement faramineux, c’est bien en ce domaine comme en beaucoup d’autres, faire ces réformes structurelles qu’aucun gouvernement ne veut engager. L’Union des Familles en Europe a fait des propositions totalement innovantes qui permettraient de donner une plus grande lisibilité et efficacité à la politique familiale sans dépenser un sou de plus.

 

En revanche, nous ne pouvons suivre l’IFRAP lorsqu’il suggère benoîtement de supprimer toute allocation au-delà du 4ème enfant, sous le prétexte étrange que le renouvellement des générations se faisant à partir de 2,1 enfants par femme « il n’y pas de raison d’encourager les familles au-delà de quatre enfants ».
On sait que si les 10% des familles qui sont dites nombreuses, ont à elles seules 40% des enfants, et assurent ainsi près de la moitié du renouvellement des générations, c’est justement parce qu’un nombre non négligeable d’entre elles a la générosité d’accueillir 5, 6, 7 et exceptionnellement plus d’enfants. Ce serait faire preuve d’inconscience et d’injustice que de les pénaliser pour avoir le courage d’élever de nombreux enfants.

Il faut n’avoir jamais rencontré l’une ou l’autre de ces familles nombreuses regroupées au sein de La Fédération de la Médaille de la Famille Française pour dédaigner cette atmosphère très particulière aux familles nombreuses, faite le plus souvent de générosité, de diversité (chaque enfant est différent et unique), d’entraide , de sens de l’autre, de dynamisme(chacun doit jouer un peu des coudes pour se faire sa place), toutes vertus qui préparent les enfants à une bonne insertion dans la société. Les sacrifices matériels –inévitables même avec les quelques allocations consenties- sont compensés en partie par le réconfort de porter ensemble les joies et les peines –petites ou grandes- et par l’assurance que les parents savent que dans leurs vieux jours, ils ne seront pas abandonnés. Il est facile de constater autour de soi la sorte d’ « assurance contre les accidents de la vie » que constitue la solidarité qui existe dans les familles nombreuses, véritable refuge et soutien, moral comme matériel, en cas de difficultés.

 

Délivrer les enfants de l’emprise de leur famille

 

Quand le ministre de l’éducation nationale avance, pour justifier sa politique, qu’il faut « arracher l’élève (au)déterminisme familial… »,nous croyons presque entendre, dans un style un peu plus carré, Marx et Engels : « Nous reprochez-vous de vouloir abolir l’exploitation des enfants par leurs parents ? Ce crime-là, nous l’avouons ». (Manifeste du parti communiste p.54-55.)
Il faut donc pousser gentiment dès deux ans les enfants à l’école, dissuader par tous les moyens la mère de rester chez elle pour les élever, et aller même jusqu’à renverser la situation : le doux rêve caressé par les socialistes, c’est que ce ne seront plus les parents qui élèveront les enfants, mais ceux-ci qui formateront ceux-là à leur insu. C’est ainsi que l’on peut interpréter le dispositif de Mme Vallaud-Belkacem et de M. Vincent Peillon qui l’un et l’autre ont affirmé comme un leitmotiv vouloir « s’appuyer sur la jeunesse pour faire évoluer les mentalités ». Les écoles sous l’autorité des professeurs mais aussi d’associations tamponnées par le ministère, seront ainsi des lieux d’éducation à l’homophilie, la liberté sexuelle, la théorie du genre, au relativisme et à la tolérance en tous genres sauf lorsqu’elle n’est pas politiquement correcte. Dans sa lettre du 4 janvier dernier aux recteurs d’académie, Vincent Peillon illustrait sa volonté « d’éduquer pour changer les mentalités et transformer la société » en les invitant à promouvoir « avec la plus grande énergie … la « Ligne Azur » , ligne d’écoute pour les jeunes en questionnement à l’égard de leur orientation ou de leur identité sexuelles ». Un coup d’œil sur ce site, né il y a déjà trois ans, sous un autre gouvernement, quoique légèrement amendé depuis les vives protestations dont il a été l’objet, est assez édifiant.

 

libérer les femmes de l’asservissement de leur dégradante condition de mère.

 

Quant à la libération de la femme, là aussi le projet est sans équivoque : puisque l’état se charge d’éduquer les enfants, promotion à tous crins de la carrière des femmes, mettre les hommes au ménage et les femmes aux conseils d’administration. Vaste programme qui s’incarne par exemple dans la réduction du congé de maternité, dont une partie doit obligatoirement être prise par le père (quel effort de voir sa femme porter son enfant pendant 9 mois et l’allaiter ensuite !),
Lorsque sur des forums d’internautes ou dans des réunions publiques, des femmes interpellent Mme VBK : « Et si on n’est pas intéressée, sera-t-ce obligatoire ? ». « Non » répond-elle avec son charmant sourire, « chacun fait ce qu’il veut, mais il y aura un bonus pour celles qui acceptent : c’est ce qu’on appelle la politique incitative ». S’il y a bonus, comprenez qu’il y aura aussi malus, c’est – à-dire que celles qui n’auront pas fait le bon choix seront punies. Les allocations seront pour les autres, les enfants sages. Et l’on aura vite fait de comprendre : « La culture de l’égalité entre les femmes et les hommes, nous sommes décidés à l’inscrire dans toutes les étapes de l’enseignement, à tous les âges et dans toutes les spécialités. »
De même que, la politique familiale, déjà orientée de telle sorte qu’elle est dans beaucoup de cas une redistribution de ce qui aurait pu être donné aux familles dites « riches » vers les familles dites « pauvres », devient aussi de plus en plus une redistribution des familles « normales » vers les familles « diverses ». C’est ainsi que le travail à temps partiel n’intéresse nos ministres que dans la mesure où cela leur semble indispensable pour les familles monoparentales. (NVB Aufeminin 10 mars 2013). Et toutes les autres mesures procèdent du même angle de vue.

Lorsque la présentatrice de "C à vous" sur la 5, Alessandra Sublet, osera déclarer publiquement : « Je trouve ça bien que les femmes s’émancipent, revendiquent leurs droits. Mais je vais vous dire la vérité, je crois que je suis de moins en moins féministe depuis que je suis mère »elle est aussitôt classée au hit parade de la « honte de la cause des femmes ».

Il est clair qu’avec une telle loi, la France s’engagerait sur la voie d’une régression accélérée. Les malheureux pays soumis à des régimes totalitaires ont mis 70 ans à s’en défaire et ils peinent aujourd’hui à se reconstruire avec courage.
 

 

Claire de Gatellier

 

<< Go back to list