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Quand trop de sexe tue le sexe

8 février 2011

On pourrait croire que la sexualité, qui envahit les écrans, les tribunaux, les publicités, voire l’école même, est l’alpha et l’omega de la vie des gens, maintenant libres et décomplexés. Eh bien non. Il paraît que le « no-sex »

devient tendance. Tellement tendance que les Japonais s’inquiètent pour leur démographie, les Américains ont créé des associations militantes et les Français qui font la grève du sexe se retrouvent sur le site AVEN (Asexual Visibility and Education Network). C’est ce que révèle Le Nouvel Observateur dans son supplément programme télévision du 15 au 21 janvier. A l’occasion d’une émission sur France 3 intitulée L’Empire des sans, Sylvie Véran Eric de Saint-Angel et Philippe Boulet-Jercourt ont mené leur enquête et commenté l’émission. Ainsi, beaucoup d’hommes et de femmes à travers le monde n’ont aucune vie sexuelle, certains à regret, d’autres avec soulagement. Pour Jacques Waynberg, médecin et directeur de l’Institut de sexologie , « l’abstinence est essentiellement liée à la propagation de la pornographie et à la question féminine. »


Le complexe de la performance


Habitués, le plus souvent dès l’enfance, à regarder des films ou images pornographiques, les hommes ont une vision faussée de la sexualité qui leur est le plus souvent présentée non pas comme la relation suprême entre un homme et une femme mais comme une performance à laquelle on est confronté. Imprégné des « prouesses » de l’écran qui leur montre « une forme de sexualité où des mâles flamboyants et très érectiles asservissent des femmes accortes et passives » dit Sylvie Véran, ils redoutent de n’être pas à la hauteur, d’autant que les femmes elles-mêmes, enfin libérées des soucis de la maternité revendiquent la pleine jouissance d’une vie sexuelle sans tabou, quitte à « effrayer leur partenaire ». Ce qui amène Sylvie Véran à citer pour conclure un jeune homme interviewé dans le documentaire : « Rien que de penser que je doive la faire jouir, cela me fatigue ! »


L’amour virtuel


On pourrait en rire, n’étaient les incidences démographiques de cette petite révolution sociétale : Au Japon, par exemple, le taux actuel de 1,2 enfant par femme ne suffit plus à assurer le renouvellement de la population. Là-bas, Eric de Saint Angel a relevé que « les relations sexuelles entre époux disparaissent la plupart du temps après la naissance des enfants » au bénéfice d’internet, des sex-shops et des cinémas spécialisés. Pire encore : il cite une jeune femme interviewée pour l’émission et pour laquelle « le mariage a sonné le glas de leur vie sexuelle. Son mari ne l’a plus touchée depuis leurs épousailles au point que leurs trois enfants ont été conçus par procréation médicalement assistée. »


En France, pour être moins aigü le phénomène n’en est pas moins avéré. Le stress quotidien ajouté à une overdose de pornographie ou d’éducation sexuelle axée uniquement sur les côtés négatifs de la vie affective et sexuelle (comment se prémunir contre le sida, contre une grossesse non souhaitée, contre une déception sentimentale) et des expériences de plus en plus jeunes et de plus en plus immatures , avec parfois en prime des troubles de l’identité liés à une éducation déstructurée, développent méfiance, voire refus de véritable relation sexuelle. Pour Sylvie Véran, « Les plus jeunes doivent faire face à des pressions qui se sont substituées à celle de la religion. Elles sont d’ordre social et culturel et s’exercent via la pornographie.(…) Les adeptes du no-sex font le procès d’une société qui ne sait plus quoi faire avec la sexualité ». Elle ajoute : « Cette posture va à l’encontre de la biologie ».


Aux Etats-Unis, Philippe Boulet-Gercourt raconte que pour venir au secours de la « Sexless génération » des cours de yoga sont rebaptisés : « Réveiller la libido dans le mariage sans sexe ». Il analyse des sondages montrant que si les Français ont beaucoup plus souvent de relations sexuelles que les Américains, en revanche, les Américains le font avec « un bien meilleur résultat : 48% de satisfaction contre 25% en France. »
Faut-il conclure de ces chiffres et analyses que trop de sexe tue le sexe ?
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Plaidoyer pour les hommes fidèles


Cette analyse est à rapprocher d’un article de la revue Monde et Vie (8 janvier 2001). Gabrielle Cluzel, la chroniqueuse pleine d’humour de la rubrique féminine résume deux études internationales récentes. Selon la Société italienne d’Andrologie et de médecine sexuelle « les hommes fidèles vivraient plus longtemps, moins sujets que les autres au stress et aux complications cardio-vasculaires ». Comme en écho, un institut de recherche anglaise ajoute « que les hommes pratiquant « l’exclusivité sexuelle » ont un QI plus élevé que les autres ».
A bon entendeur, salut !


Claire de Gatellier
 

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