Politique familiale à coût réel
12 janvier 2012Dominique Marcilhacy, porte parole de l’Union des Familles en Europe, vient de faire des propositions très concrètes et nouvelles pour prendre en compte l’effort des familles dans le calcul des retraites. Nous ne pouvons que résumer ici de façon imparfaite un document plus argumenté et qui nous a semblé un élément important du débat.
Les familles contribuent deux fois aux retraites : une fois par les prélèvements obligatoires-retraite. Une deuxième fois, par l'investissement que représentent les enfants, seuls contributeurs des retraites de demain dans notre système par répartition.
Cet investissement lui-même, les parents le font encore deux fois : une fois, comme tout le monde, en contribuant par impôts et prélèvements à l'éducation nationale, aux prestations familiales et à l'assurance-maladie des enfants. Une deuxième fois, en assurant l'éducation de leurs propres enfants (contribution évaluée à 256 millions d'euros par D. Marcilhacy).
Cependant, ces mêmes « contribuables » sont ceux-là aussi qui subissent, dans le système actuel, une double peine : moins de droits à retraite du fait du temps passé souvent par la mère à l'éducation de ses enfants au détriment de sa carrière, aggravé d’une moindre capacité d'épargne à cause des dépenses quotidiennes d'éducation.
Ainsi, ceux qui auront le plus contribué aux retraites sont ceux qui en bénéficieront le moins (voir encadré).
C'est ici que D. Marcilhacy propose entre autre, quatre « petites » mesures non coûteuses mais efficaces :
1. Attribuer des points de retraite en fonction de la contribution de chacun au renouvellement des générations.
Contribution effectuée de deux façons :
• l'une, par une cotisation unique, qui regrouperait ce qui était jusque-là l’objet d’un éparpillement d’impôts et de prélèvements divers : le financement de l'éducation nationale, des prestations familiales, et de l’assurance-maladie des enfants.
Cette « cotisation jeunesse » serait prélevée sur tout revenu dès le premier franc de façon progressive et en tenant compte d'un quotient familial.
• l'autre, en nature ,par les frais divers et temps passé à l'éducation de ses propres enfants évalué de façon monétaire et donnant lieu aussi à des points de retraite.
Ce mode de calcul aurait en outre l'avantage de rendre plus visible et mesurable l'investissement dans la jeunesse.
2. Remplacer en grande partie les allocations familiales par une diminution de cette « cotisation jeunesse » pour simplifier en évitant à l’Etat de reprendre d'une main ce qu'il donne de l'autre.
3. Instaurer un statut social parental donnant droit à une assurance décès invalidité permettant de poursuivre en cas de besoin l'éducation des enfants. Ce statu donnerait Droit aussi à la formation professionnelle pour le parent au foyer souhaitant reprendre du travail.
C.G.
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Site Union des Familles en Europe