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Lu pour vous: "Le genre démasqué. Homme ou femme? Le choix impossible..." d'Elizabeth Montfort

10 janvier 2012

Faut-il rappeler d’abord ce qu’est le « Gender » ? Une théorie selon laquelle naître homme ou naître femme biologiquement ne doit peser en aucune façon sur le choix de l’individu de vivre sociologiquement ou sexuellement comme un homme ou comme une femme, voire même, ni l’un ni l’autre ou les deux à la fois. Tout conditionnement culturel, éducatif ou social suggérant ou imposant le contraire est une atteinte insupportable à la liberté. Les législations doivent en tenir compte.


Changer la société

Elizabeth Montfort a publié à l’automne 2011 un petit opuscule qui mérite le détour par sa clarté, sa précision et sa documentation. Elle admet bien volontiers que si l’identité sexuelle ne se résume pas au comportement éponyme, elle ne se résume pas non plus à l’identité biologique. Mais La construction et l’épanouissement de la personne ne peut se faire que dans l’harmonie des deux. Si l’éducation et la culture ambiante contredisent les données de la nature, cela peut conduire à la dissociation, voire à la dislocation de la personne et bien sûr, à plus grande échelle, de la société.


De même, les études de genre (gender studies) enseignées aussi bien à Sciences-Po que dans les lycées ont leur intérêt tant qu’elle restent dans le domaine de l’observation sociologique de comportements humains, (sans omettre leurs causes et leurs effets). Ni plus, ni moins et surtout pas comme un dogme.
Mais la théorie du « Gender » ne s’arrête pas là. Selon notre auteur, « le Gender est un véritable système de pensée et d’action, en vue de réorganiser la société. »

Né au sein de mouvements féministes, Il s’en distingue et les dépasse en ce qu’il ne cherche nullement à lutter d’abord contre l’injustice ou l’inégalité mais à changer la société.
Refus des données objectives et que je n’ai pas choisies

Refus d’un corps reçu, refus de la complémentarité homme/femme, refus du déterminisme de la nature humaine comme du conditionnement de la société, bref, refus de la réalité qu’Elizabeth Montfort illustre par une citation de Michel Foucault qui, dans sa critique de l’hétérosexualité proposait « d’ouvrir des virtualités relationnelles et affectives ».


Et elle commente : « Pour le « gender », comme ces normes [ces réalités] sont culturelles et sociales, elles sont discutables et peuvent être modifiées ». Or, « l’hétérosexualité n’est ni une norme juridique ni une norme sociale. C’est simplement la condition humaine étant donné que la reproduction humaine est sexuée ». Des pratiques sexuelles différentes ont toujours existé « mais une seule est structurante pour l’avenir de la société, celle qui prend en compte l’altérité sexuelle, en raison du lien entre sexualité et procréation. »


« Vers un nouveau droit de la famille »


En bonne juriste, Mme Montfort fait une analyse pertinente des efforts plus ou moins couronnés de succès des partisans du « Gender » pour imposer de nouvelles lois et comportements au monde entier.
Côté succès, cela commence bien sûr par les différents sommets de l’ONU, depuis Pékin en 1995, qui imposent peu à peu un nouveau langage, prémisse au glissement de la pensée 1 .Cette pensée est ensuite diffusée méthodiquement et régulièrement dans les « résolutions », « directives » et « chartes » notamment du Parlement européen. Le Canada et l’Espagne sont, toujours selon E. Montfort, les deux pays qui ont le plus succombé au« Gender » dans la réforme du droit de la famille et du mariage.

Si les esprits français sont vigoureusement attaqués par le truchement de l’enseignement, notre droit est encore resté relativement protégé par deux décisions du Conseil constitutionnel (oct 2010 et janvier 2011) et par une décision du 24 juin 2010 de la cour européenne des droits de l’homme.(p.68)

La solution par l’éducation

Après avoir analysé en philosophe les fondements du « Gender », et établi en juriste un état des lieux de sa pénétration dans la société, c’est la femme politique qui conclut en donnant des pistes d’action.
Selon elle, « là où l’éducation évolue et en particulier celle des filles, la société progresse et l’injustice recule. » Le salut viendra de la réaction des parents, des enseignants, des hommes et des femmes politiques sur le contenu des livres scolaires.
Encore faut-il savoir de quoi on parle. Le mérite de ce livre est de donner en annexe les textes des manuels scolaires incriminés ainsi que l’ordre de mission du ministère (B.O.) avec un commentaire à la fois général et littéral. Il en ressort que ces livres, sans enseigner stricto sensu la théorie du « Gender », abordent les questions de l’homme et de la femme et de la sexualité sous l’angle de cette théorie. Pas facile à démêler, et d’autant plus subtilement pernicieux.

Ed.Peuple Libre, 120p. 12€
 


Claire de Gatellier
 

 

(1)« La maternité est source de discrimination et limite la pleine participation des femmes dans la société. » Plate-forme d’action du sommet de Pékin paragraphe 29. Cité par E. Montfort.
Comme si les femmes ne « participaient pas pleinement à la société » en mettant au monde des enfants et en les élevant !                                       

Et les « résolutions » qui découleront tous les 5 ans de ce sommet viseront à déconnecter sexualité et procréation et à renforcer les planifications contraceptives ou abortives.
 

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