Les femmes devant le déclin démographique
24 juin 2010C’est le titre d’un colloque organisé le 28 mai 2010 dans une salle du Palais Bourbon par l’Institut de Géopolitique des Populations ».
Dans son introduction le député Christian Vanneste a tout d’abord
constaté que la démographie était catastrophique partout en Europe, et que la France (qui est en tête du peloton avec ses 1,89% d’enfants par femme grâce aux territoires d’outre-mer et aux immigrés) va se trouver confrontée à un fantastique problème d’intégration.
Marie-Thérèse Hermange, sénateur, a fait ensuite un état des lieux et posé la question de fond : A l’heure de l’écologie, qu’en est-il de l’écologie de l’homme? Comment l’homme est-il accueilli (malades, plus faibles) ? Quel modèle parental propose-t-on (2 parents et 2 enfants) Comment aider les femmes dans leur maternité car la source de la vie est importante pour une société.
Jeanne Smits, journaliste, a ensuite fait une analyse politique des raisons pour lesquelles les femmes n’ont plus les enfants qu’elles désirent :
1) L’image de la sexualité a détruit l’image de la maternité :
- La fonction procréative de l’acte sexuel est évacuée (préservatif, pilule etc..). L’enfant devient la chose à éviter.
- La dimension unitive est niée : vous pouvez avoir autant de partenaires que vous voulez du moment que vous n’avez pas d’enfant.
2) Le pessimisme ambiant :
- L’écologie démographique : Le vrai remède à la pauvreté et au malheur du monde est de ne pas avoir d’enfant
- L’image médiatique de l’enfant gêneur (allaitement ; empêche de sortir etc.) On ne peut pas avoir la vie que l’on veut.
3) Le travail des femmes : Les raisons qui poussent les femmes à travailler et à avoir moins d’enfants
- La société de consommation : La famille nombreuse voit son pouvoir d’achat diminuer de 10% à chaque naissance, il faut donc un 2ème salaire.
- La peur de la précarité : manque de confiance dans l’avenir et dans la vie.
- La femme au travail jouit d’une image valorisante face à la femme au foyer considérée comme « popotte »
Il faut donc restaurer le désir de maternité chez les femmes, c’est ce qu’a tenté de démontrer Catherine Rouvier, professeur de droit public et de sociologie politique, par un discours féminin destiné aux femmes, aux politiques et aux intellectuels.
On a oublié :
1) Qu’il n’y a pas de croissance sans enfants.
2) Que la famille nombreuse est une microsociété et que la femme au foyer joue un rôle essentiel dans l’éducation des enfants.
En conclusion, Dominique Marcilhacy, ancienne membre du CES, magistrat, a fait la présentation d’un modèle original de calcul de la contribution des mères de familles nombreuses au financement des retraites.
Les familles font 60% d’investissement dans les enfants. En élevant des enfants on prépare les retraites, il faut donc donner des droits à celles qui élèvent des enfants. Les enfants doivent rapporter des points puisqu’ils ont une valeur économique.
Participaient à ce colloque des représentants des différentes associations : « Familles de France », « Médaille de la Famille française », « AFC »…. Des professeurs : Madame Catherine Rouvier, professeur de droit public et de sociologie politique. Madame Janine Chanteur professeur émérite de philosophie morale et politique à l’Université de Paris Sorbonne. Monsieur Jean Didier Lecaillon, professeur d’économie à l’Université Panthéon Assas ; Un proviseur de collège etc.… En tout une quarantaine de personnes. Les échanges furent nombreux, et l’idée présentée par Madame Marcilhacy du modèle de contribution des mères de familles nombreuses au financement des retraites est certainement une piste à creuser. Les participants se sont quittés avec la ferme intention de continuer à travailler sur la question
Isabelle de Tarlé