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Le statut de l'embryon

01 mars 2010

On ne peut que s’alarmer devant les nouvelles « avancées » proposées par le rapport de la mission d’information parlementaire sur la révision de la loi de bioéthique (rapport Leonetti). Il s’agit en effet de libéraliser

 les recherches médicales sur les embryons en supprimant les conditions dérogatoires qui limitaient ces recherches. Dans la précédente loi de bioéthique traduite dans le Code de la santé publique, ces dérogations étaient en effet subordonnées à deux critères : il fallait qu’il n’y ait pas d’alternative d’efficacité comparable, condition supprimée ; et il fallait qu’elles soient « susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs », condition remplacée par une simple « finalité médicale ».

Doit-on comprendre que de révision de loi en révision de loi et d’une mission d’information parlementaire à l’autre, on opère un glissement progressif et qui se veut rassurant dans sa lenteur et ses étapes mais que le but du législateur et des groupes de pression qui le conditionnent est toujours le même : lever un à un tous les derniers garde-fous protégeant la personne humaine. L’embryon, un simple matériel thérapeutique à bon marché, nous y sommes presque.

Rappelons que les recherches sur les cellules souches pluripotentes induites, obtenues à partir de cellules adultes ou de sang de cordon ombilical sont en passe de révolutionner la médecine et présentent une alternative très sérieuse et plus sûre aux cellules prélevées sur l’embryon. Justifier l’utilisation embryonnaire par la nécessité de la recherche relève donc plutôt de l’acharnement thérapeutique pour une méthode déjà presque dépassée.
 

C.de Gatellier

Mme Grignard, pharmacienne, vice-présidente de l’ADMFF de Meurthe et Moselle a publié il y a quelques temps dans L’Est Républicain la réflexion ci-dessous sur le statut de l’embryon qui est plus que jamais d’actualité avec la révision des lois de bioéthique :

 

Poubelle ou microscope ?
On parle beaucoup, ces jours-ci, de ces milliers d’embryons produits en surnombre et congelés, dont la Science avoue ne pas savoir quoi faire. Les seules destinations envisagées sont « poubelle ou microscope », a-t-on entendu à un récent colloque sur l’embryon. Triste alternative pour les très petits de notre espèce !
Pourtant, de deux choses l’une :

- Ou l’embryon est un être humain et il ne doit pas y avoir de débat : tout être humain a droit à la vie et on n’a pas le droit de le tuer, même malade ;
- Ou ce n’est pas un être humain et on ne comprend pas alors pourquoi les scientifiques le conservent dès les premières cellules, en vue d’une implantation ultérieure (car on sait bien que si on n’entrave pas son développement, on aura bel et bien un enfant neuf mois plus tard.
Il est encore temps de redéfinir clairement le statut juridique de l’embryon dans la révision de la loi sur la bioéthique. Sinon ce serait une triste philosophie pour commencer le troisième millénaire si l’on ne se souvient plus de ce respect dû à l’homme dès le début de son histoire et donc à sa conception.
 

 

C. Grignard

 

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