Faut-il se fier à internet?
27 janvier 2010Ce serait enfoncer une porte ouverte que de dire qu'à côté d'extraordinaires possibilités, internet recèle de terribles pièges. Parmi ceux-ci, évoquons ici seulement le danger, pour les esprits trop crédules, à être trompés.
Il était classique au siècle dernier de mettre en garde contre la désinformation de la presse écrite ou orale. Mais ce n'était encore rien à côté de ce qui se passe sur la toile.
D'une part, l'information traditionnelle était peu ou prou un peu contenue et ses
dérapages limités par la loi sur la diffamation: On est responsable de ce que l'on dit ou écrit sur les modes d'expression traditionnels au point même d'en rendre compte éventuellement devant les tribunaux, parfois d'ailleurs de façon abusive, alors que la toile permet de se retrancher derrière un flou et un anonymat vagabond et irresponsable.
D'autre part, ce qui est dit un jour sur les ondes peut être répété quelques jours en écho puis disparait dans les archives; ce qui est écrit et publié se disperse au mieux à quelques milliers d'exemplaires, est lu par une partie seulement de ceux-là puis tombe à la poubelle. Il faut vraiment de l'obstination pour aller le rechercher dans les archives à l'abri du public.
Tandis que sur la toile, l'information circule aussitôt dans le monde entier et peut rester indéfiniment et facilement accessible.
Ce qui était vrai pour les moyens d'expression classiques, l'est tout autant si ce n'est davantage pour internet:
Exemple parmi d'autres récents: un honorable magistrat de ma connaissance ayant été averti que son nom figurait à son insu sur face-book est allé voir sur ce site de quoi il retournait. Quel n'a pas été son étonnement de voir son nom illustré par deux photos. L'une, représentant un jeune enfant qui aurait pu à la rigueur avoir été lui; l'autre, représentant un noir, il faut bien le dire, un peu patibulaire... Recherches faites, il s'est aperçu que le jeune garçon était en fait une "victime" dont le tribunal avait eu à s'occuper et que l'autre était le trop célèbre Fofana, chef du "gang des Barbares" et tortionnaire d'Ilan Halimi.
Il y avait eu un amalgame entre des dossiers d'archive de tribunaux, fort éloignés qui plus est, fait par on ne sait qui, on ne sait pourquoi.
Si cela arrive à quelqu'un qui n'a rien à voir avec face-book, que peut-il advenir à tous ces gens qui aujourd'hui étalent imprudemment leurs relations et vie privée sur ce genre de site à grand renfort de photos et confidences.
On dit que les entreprises qui recrutent passent les candidats au crible de face-book pour compléter leurs informations. C'est assez inquiétant si l'on pense à l'exemple ci-dessus. C'est pourquoi un autre site s'est créé -à malin, malin et demi- qui propose de veiller à votre virginité sur la toile: reputationsquad.com.
Pour 9,90€, il veille sur votre réputation et vous avertit s'il détecte des informations négatives sur vous. Pour 29,90€, il se charge de faire effacer cette charge négative. Mieux encore, pour 99€ cette fois, il vous recompose un profil idéal!
Cessez de croire que ce qui est écrit est vrai, même et surtout sur la toile.
Et méfiez-vous de ce que l'on dit de vous sur les divers réseaux-sociaux auxquels vous-même, vos enfants ou petits-enfants ont l'imprudence de s'affilier.
CG