Europe: allongement du congé de maternité
11 novembre 2010Le 20 octobre, le Parlement européen a voté l’extension du congé de maternité de 14 à 20 semaines avec le maintien du salaire. Il a également demandé l’instauration d’un congé paternité payé d’un minimum de deux semaines.
D’après l’exposé des motifs, cette décision est inspirée essentiellement par le souci d’encourager le travail des femmes. Pour la député d’Europe-Ecologie Nicole Kiil-Nielsen , cette mesure est indispensable pour atteindre le seuil de 75% de participation des femmes au marché du travail, prévu par la stratégie 2020 de l'Union européenne.
Les femmes au travail!
Mais si certains députés « féministes » réclament cette mesure pour permettre à davantage de femmes de travailler, d’autres députés des mêmes obédiences craignent que cette mesure ne pénalise les femmes sur le marché du travail par leur image accentuée d’absentéisme et ne vienne renforcer l’inégalité homme/femme. Ils préfèreraient davantage de crèches et une meilleure flexibilité des horaires de travail.
Cette décision répond aussi, mais l’exposé des motifs y fait une bien moindre part, aux inquiétudes démographiques qui commencent peu à peu à gagner les instances européennes. Il est reconnu que l’allongement du congé de maternité augmente le taux de fécondité.
Une politique nataliste?
Ce texte doit être encore examiné par le Conseil et ensuite, soumis au parlement de chaque pays-membre. D’ores et déjà, la France, par la voix de son ministre Nadine Morano a fait savoir qu’elle y était opposée. Elle invoque le coût d’une telle mesure : 1,3 milliards d’euros par an. A cette solution, elle préfère, comme l’Allemagne ou la Suède mettre l’accent sur une meilleure répartition des congés entre pères et mères. Toujours l’égalité des genres, en attendant leur confusion.
C’est ici l’occasion de rappeler ce que disent les économistes : relancer la natalité est une mesure coûteuse – aujourd’hui- mais que nous regretterons plus tard de n’avoir pas menée. Pour ne prendre que la question si actuelle des retraites, Eric Branca citant les chiffres de Jacques Bichot , note que si la France compte aujourd’hui déjà plus que 10 actifs pour 4 retraités, en 2040, il y en aura 10 pour 8. Ce qui veut dire que « soit les cotisations devront doubler, passant de 20 à 40% du revenu des actifs, soit les retraites seront réduites de moitié, passant de 70 à 35% du salaire. »*
Mais rappelons qu’une politique nataliste sans politique familiale, c’est-à-dire, inciter la femme à avoir des enfants mais en faisant tout pour les dissuader de les élever elles-mêmes dans une famille stable ne règlera rien*.
C.G.
____________________
*Valeurs Actuelles du 4 novembre
*Ne pas manquer de lire à ce sujet la remarquable recommandation …du parlement européen en cliquant ici : www.forum-europeen-des-femmes.eu/investir-dans-la-cohesion-familiale-luca-volonte-777