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Education affective et sexuelle :

21 juin 2011

Souhaitons-nous que nos enfants ne voient dans le sexe, passés les instants de plaisir immédiat, que des pièges et désenchantements , déceptions et désillusions multiples?


« Dire oui à tout, à tous, à toutes
…………………………
Si l’amour est laid, si l’amour est sale,
Il y a des branches de rosiers pour t’essuyer les larmes
Alors fais comme les autres, tu sais
Amsterdam t’éponge le cœur avec du charme
………………………………
Il y a beaucoup trop d’idées, il y a beaucoup trop de choix, de choses à accepter
………………………………………………
Je me fous de vos lois qui me pourrissent le cœur »

Dernier Clip de Guillaume Grand

Le dernier clip à la mode de Guillaume Grand (ci-dessus) dit ce désenchantement  mieux que nous ne saurions le faire: « Si l’amour est laid si l’amour est sale… ».
 

L’éducation sexuelle telle qu’elle est délivrée dans les écoles, parfois avec l’aide du Planning Familial2 , n’est souvent qu’un mode d’emploi du sexe, purement technique : comment éviter les pannes et accidents divers (Sida, grossesses, etc.). La vie sexuelle n’y est pas présentée comme l’expression d’un don, d’une relation affective entre deux personnes, mais comme un droit au plaisir ; le corps n’est pas compris comme quelque chose de bon, à respecter car il permet cette relation privilégiée, mais comme un outil biologique dont il faudrait neutraliser les règles de vie pour en faire un corps utilisable et jetable à volonté. « Il y a beaucoup trop d’idées, il y a beaucoup trop de choix, de choses à accepter » poursuit la chanson.

L'amour, c'est beau, c'est bien, c'est vrai


Ne faut-il pas commencer par dire à nos enfants que le corps est fait pour la vie, qu’il est fait pour l’amour, que c’est beau ; que l’amour, c’est beau et c’est bien… si c’est vrai. Et que ce n’est pas « vrai » à la première petite pulsion, qu’il faut d’abord se connaître soi-même, s’aimer soi-même, puis apprendre à connaître l’autre, savoir ce que l’on donne et à qui on le donne. En un mot choisir et non pas subir (subir ses propres pulsions aussi bien que celles du partenaire). Tout un mode d’emploi psychologique et affectif largement aussi indispensable que le mode d’emploi du préservatif, non ?
Nous avons eu l’occasion de déplorer dans ces colonnes la distribution du fameux « pass-contraception » à tous les élèves de 1ère des lycées d’Ile de France. « Je me fous de vos lois qui me pourrissent le cœur » dit Guillaume Grand. On ne saurait mieux dire...Nous insistions sur l’importance de laisser aux parents la responsabilité de l’éducation de leurs enfants dans des matières si personnelles et intimes que la vie affective et sexuelle.


Ceci est bien sûr un gage de bonne communication entre parents et enfants : si les parents ne parlent pas avec leur enfant de ce qui le touche au plus intime de lui-même, et laissent ce soin à des étrangers, il ne faudra pas qu’ils s’étonnent ensuite si ce même enfant ne leur parle de rien de ce qui le touche vraiment. Ce sont eux, parents, qui deviendront les étrangers.
C’est aussi la plus élémentaire prudence si les parents veulent éviter les dérives mentionnées ci-dessus.


Mais nous savons tous qu’il n’est pas facile d’aborder ce sujet avec nos enfants. Et beaucoup d’entre eux n’ont bien souvent pas de parents à même de remplir ce rôle délicat. C’est pourquoi nous présentons ici l’action de trois jeunes mères de famille qui, de façon fort différente, proposent des formations dans ce domaine.

L'amour se vit avec le corps, l'esprit et le coeur


La première, Inès de Franclieu, mère de 9 enfants entre 23 et 8 ans, est déjà bien connue des adhérentes de l’association de la Médaille de Paris puisqu’elle est venue parler à l’une de nos AG. Elle intervient dans un grand nombre d’établissements scolaires, aussi bien auprès des parents que des élèves en trouvant les mots qu’il faut, avec autant de délicatesse que de vérité. Aux parents : Comment parler du corps et de la transmission de la vie à nos enfants ? Ainsi que de la vie affective comme chemin vers le bonheur. (deux conférences). Aux élèves de 4ème, 3ème et de lycée, selon les thèmes suivants : 1) Qui suis-je ? Mon corps est le signe visible de toute ma personne. 2) Qu’est-ce qu’aimer ? Aimer c’est vouloir le bien de l’autre. 3) Comment me préparer aujourd’hui à aimer demain ? Chemins et impasses. Pour les plus jeunes (CM2, 6ème, 5ème), éveiller à la beauté et au respect du corps, car l’Amour, comme tout autre sentiment, aura besoin de tout le corps pour s’exprimer. Faire comprendre dès cet âge que les trois dimensions de la personne humaine –corps, esprit et cœur- ne peuvent être divisées.

Mme de Franclieu avait d’ailleurs été interviewée longuement à ce sujet à la télévision, à l’occasion d’une émission de Direct 8 intitulée « C’est si bon l’amour ! ». Aux antipodes donc de la plainte de notre chanteur : «Si l’amour est laid, si l’amour est sale ». A écouter absolument en cliquant sur le lien.

 

L'éducation par l'art


Les deux autres femmes, Valérie d’Aubigny, mère de 6 enfants de 22 à 11 ans et Sophie Roubertie, mère de 4 enfants de 10 à 18 ans, utilisent une autre approche :  Elles ont mis au point une « Introduction à l’éducation relationnelle, affective et sexuelle par l’art» diffusée en particulier par "Enfance Famille Liberté" (EFL 78). Leur idée est qu’une préparation des cœurs et des esprits est un préalable nécessaire à l’éducation affective et sexuelle. Trop d’échecs sentimentaux ou vie sexuelle superficielle et désordonnée viennent d’un déficit de vocabulaire et de faculté d’analyse qui empêchent les jeunes de comprendre, et donc de maîtriser, leurs émotions et leurs sentiments. Il est bien connu que « mettre en mots » ses sentiments et ressentiments permet de les dominer.
Apprendre à les reconnaître et les définir à travers la vie des autres, permet une distanciation qui facilite les choses et les dédramatise. C’était tout l’intérêt des études littéraires permettant, à travers des œuvres de découvrir toute une palette de situations et sentiments et de les analyser sereinement. C’est aujourd’hui le mérite de la méthode de Valérie d’Aubigny et Sophie Roubertie : découvrir toute la richesse et la variété de sentiments inhérents à la nature humaine à travers des peintures célèbres.


Un choix de tableaux représentants des hommes et des femmes dans les situations les plus diverses permettent de mettre en évidence la jalousie, le bonheur, la concupiscence, la paix familiale, la violence conjugale, l’amitié, la pudeur, l’amour, le désir, le désespoir, l’attente, le remords, l’érotisme, la fidélité ou son contraire, etc. Parler de ces tableaux permet de découvrir que les « sentiments » ne se résument pas en « j’ai envie », « j’ai pas envie », « j’aime, j’aime pas ». Cette exploration peut permettre en outre de découvrir que le temps a sa place dans toute histoire, que l’attente et la pudeur peuvent préparer à l’accomplissement de l’amour, et tant d’autres leçons de vie qui peuvent contribuer à préparer les cœurs et à donner la maturité nécessaire à une bonne compréhension et maîtrise de son corps en vue de l’épanouissement, non pas seulement sexuel, mais de toute la personne.
N’hésitez pas à faire connaître ces initiatives et à y recourir vous-même dans le cadre d’écoles, d’associations, de centres de formation d’éducateurs, etc.

                                                                                         Claire de Gatellier
 

1 Cf sur ce même site l’article « Quand trop de sexe tue le sexe »
2 Ne manquez pas découvrir le n° Hors –série de l’Homme Nouveau : Enquête sur le planning familial.

                                                                                  

Contacts :
Inès de Franclieu : 30bd de la république 92370 Chaville ; 01 41 15 58 92 Ines.defranclieu@free.fr
Valérie d’Aubigny : 06 79 07 05 08 ; valeriedaubigny@yahoo.fr
Sophie Roubertie 06 08 48 45 89 ; s.roubertie@dbmail.com

 

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