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Comment faire mentir les statistiques...

6 mai 2010

Que ferait-on sans les statistiques et les statisticiens ? Nul domaine de « l’information » qui ne soit éclairé par les statistiques permettant comparaison, sinon raison, étayant la plupart des jugements, et faisant office de préambule incontournable à presque tous les projets de loi ou campagnes médiatiques en tous genres.
Le côté incontestablement scientifique des statistiques en fait généralement un argument irréfutable, indiscutable et imparable. Mais voilà ! Cette science, en apparence « exacte » peut aussi permettre tous les tours de passe-passe nécessaires pour faire accroire la vérité du moment.
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Un petit exemple parmi beaucoup d’autres est mis en évidence dans « La Lettre de Famille et Liberté » n°58- sept 2009 (1) qui revient sur l’argumentation qui avait prévalu lorsque le gouvernement avait tenté d’imposer un « statut du beau-parent », tentative qui a heureusement échoué comme chacun sait. L’exposé des motifs de l’avant-projet de loi reposait sur un fait « indéniable » : « Environ 1,6 millions d’enfants vivent au sein d’une famille recomposée, 2,7 millions dans un foyer monoparental, et 30 000 dans un foyer composé de deux adultes de même sexe. » Chiffres tirés du rapport sur la Famille de Valérie Pécresse.
Pour ces 4 300 000 enfants confrontés à « ces nouvelles configurations familiales » selon l’expression du rapport officiel, il convient de faire quelque chose et notamment de les soumettre, de par la loi, à l’autorité des tiers se succédant au foyer. Quatre millions trois cent mille enfants, vivant avec des « tiers » sans statut défini ou autorité légale, c’est beaucoup. Encore un de ces affreux vides juridiques !
Philippe Gorre, l’auteur de l’article de La Lettre de Famille et Liberté, lui-même statisticien, reprend ces chiffres un à un :
 

1. « Sur les 1 600 000 enfants vivant dans une famille recomposée, il y en a 600 000 qui sont les enfants dudit couple ».
 

2. Sur les 1 000 000 restants, c’est-à-dire, « vivant avec parent et beau-parent, 300 000 ont entre 18 et 25 ans. La loi prévue ne pouvant évidemment pas s’appliquer à des majeurs, ce sont en réalité 700 000 enfants qui vivent dans les familles recomposées » avec un des deux parents qui n’est pas le leur.
 

3. Les 2,7 millions d’enfants vivant dans une famille monoparentale ont été abusivement rajoutés car ils ne sont à l’évidence pas concernés « puisque, par définition, les notions de partage des responsabilités éducatives au sein du foyer avec une personne qui n’y vit pas et de maintien des relations en cas de rupture d’une liaison qui n’existe pas n’ont pas de sens. »
 

4. Il reste donc les 700 000 enfants mentionnés ci-dessus, plus les 30 000 enfants vivants dans un foyer homosexuel.
Philippe Gorre conclut : « Il convient donc de lire 730 000 enfants là où l’avant-projet de loi dit 4 300 000 ». (en gras dans le texte)
La donnée exacte a été multipliée près de six fois pour les besoins de la cause !

Le reste de l’article argumente avec pertinence sur l’opportunité ou non de légiférer sur ce point pour les 730 000 enfants supposés concernés et l’on s’y reportera avec profit. www.familleliberte.org . Pour nous, nous voulions seulement attirer l’attention sur ce trucage des chiffres qui peuvent, sous des apparences très scientifiques faire avaler n’importe quoi.
 

 

Disraëli ne disait-il pas que la statistique est la forme la plus raffinée du mensonge ?...
                                                                                  

Claire de Gatellier
 

(1) Famille et Liberté 17, rue Dupin – 75006 Paris

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