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Le statut de l'embryon

On ne peut que s’alarmer devant les nouvelles « avancées » proposées par le rapport de la mission d’information parlementaire sur la révision de la loi de bioéthique (rapport Leonetti). Il s’agit en effet de libéraliser les recherches médicales sur les embryons en supprimant les conditions

dérogatoires qui limitaient ces recherches. Dans la précédente loi de bioéthique traduite dans le Code de la santé publique, ces dérogations étaient en effet subordonnées à deux critères : il fallait qu’il n’y ait pas d’alternative d’efficacité comparable, condition supprimée ; et il fallait qu’elles soient « susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs », condition remplacée par une simple « finalité médicale ».

Doit-on comprendre que de révision de loi en révision de loi et d’une mission d’information parlementaire à l’autre, on opère un glissement progressif et qui se veut rassurant dans sa lenteur et ses étapes mais que le but du législateur et des groupes de pression qui le conditionnent est toujours le même : lever un à un tous les derniers garde-fous protégeant la personne humaine. L’embryon, un simple matériel thérapeutique à bon marché, nous y sommes presque.

Rappelons que les recherches sur les cellules souches pluripotentes induites, obtenues à partir de cellules adultes ou de sang de cordon ombilical sont en passe de révolutionner la médecine et présentent une alternative très sérieuse et plus sûre aux cellules prélevées sur l’embryon. Justifier l’utilisation embryonnaire par la nécessité de la recherche relève donc plutôt de l’acharnement thérapeutique pour une méthode déjà presque dépassée.
 

C.de Gatellier