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Une pédagogie différenciée

On n'élève pas un garçon comme une fille. Ce n'est pas la "reproduire les stéréotypes sexués" comme on dit, mais simplement faire preuve de réalisme. Quelques conseils

dispensés par L’Institut Libre de Formation des Maîtres à l'occasion d'une journée de formation sur l’approche pédagogique différenciée garçons/filles.
 

 

Silvestre Baudrillart, professeur de français, latin, grec, et d’autres professeurs de math, histoire géographie et français ont développé cette approche dont le but est d’aider garçons et filles à obtenir les meilleurs résultats possibles dans toutes les matières en surmontant les stéréotypes sexuels. Il faut éviter que les filles pensent que l’informatique ou la physique est l’affaire des garçons, et que les garçons considèrent que les langues, voire les bonnes notes, sont pour les filles.


Jean-David Ponci, philosophe biologiste, a mis en évidence le côté « naturel » par opposition à « culturel » de certains stéréotypes sexués. Il a souligné par exemple l’attirance naturelle des garçons pour « ce qui bouge » et des filles pour les couleurs en décrivant des expériences sur des singes, préservés de toute influence culturelle et qui succombaient pourtant aux mêmes stéréotypes. C’est ainsi que les singes mâles préfèrent jouer au camion plutôt qu’à la poupée, les nouveau-nés filles regardent les visages tandis que les garçons sont attirés par ce qui bouge et que l’expression des sentiments n’active pas les mêmes zones du cerveau chez les hommes que chez les femmes.
On note aussi des différences de métabolisme (qui explique que les garçons bougent plus) et aussi du système visuel qui ne leur permet pas d'appréhender, en premier, les mêmes réalités.


Après avoir évoqué les travaux du chercheur en neuroscience spécialiste de l’autisme (Cambridge), Simon Baron-Cohen, montrant que le cerveau masculin, plus enclin à systémiser fonctionne un peu différemment du cerveau féminin qui lui, est plus sur le registre de l’empathie, les intervenants ont donné des applications directes dans les classes.


Quelques exemples :

En maths, pour une même série d’exercices, les filles plus consciencieuses et habituées à s’auto-évaluer prendront le temps de se relire et de se corriger. Les garçons, n’aimant pas se relire, finiront plus vite mais avec plus d’erreurs. Pour arriver au même résultat final d’assimilation, il faut leur donner davantage d’exercices : ce n’est qu’en réfléchissant à nouveau sur l’exercice suivant qu’ils finiront par faire le bon raisonnement.
Moins soucieux de la forme il faudra les encourager à rendre des devoirs bien finis et présentables. Les filles en revanche devront parfois être freinées dans leurs élans de perfectionnisme pour accorder plus de temps au fond qu’à la forme.
Les sujets abordés doivent l’être sous des angles différents. Aborder une langue avec un texte du genre « Je fais mes courses » dégoutera les garçons de la langue.
La question « Comment vous sentiriez-vous si… ? » laissera les garçons secs mais inspirera les filles. Pour les garçons, dire : « Que feriez-vous si… ? »
Dans tous les domaines, privilégier l’action pour les garçons, l’approche causale pour les filles. Ex. : Aux filles : « Comment vous sentiriez-vous si vous étiez en 1787, que vous aviez faim, que la récolte était mauvaise… ». Aux garçons, commencer par la description de la bataille de Valmy.
Et l’on peut continuer ces applications pédagogiques dans beaucoup d’autres domaines
Tout cela bien sûr repose sur des tendances statistiques et la réalité peut être plus nuancée.