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Points de vue croisés sur la mixité scolaire

Pour...

« C’est un véritable projet de société. Il s’agit de favoriser une vision d’une école non discriminatoire à références démocratique, universaliste et pluraliste ».
José-Luis Wolf, Dr en Sc. Pédagogiques, professeur et coordonateur du service des Sciences de l’Education à l’Université Libre de Bruxelles. Cité par le site Veille-Education 30/01/12


« Personnellement, j’ai beaucoup souffert de la non-mixité. Je n’avais pas de frère et ne voyais plus mon père. J’ignorais tout du sexe masculin. Cela a suscité chez moi une forme de crainte de l’étranger ».
Une ancienne écolière.Site Veille-Education


« L’institution scolaire se doit de donner aux élèves une image représentative de ce qu’est la société, à savoir un mélange d’hommes et de femmes ».         Un directeur. Site Veille-Education

 

Contre...

« La mixité scolaire a échoué, puisque l’égalité des sexes n’est toujours pas assurée ».
Michel Fize, sociologue français spécialiste des questions de l’adolescence.

 
« Les garçons jouent les durs pour affirmer leur virilité. Certains vont jusqu’à rejeter purement et simplement l’école, pensant peut-être qu’il s’agit là d’un acte digne d’un mâle, d’un vrai ».

Marie Duru-Bellat, sociologue française et spécialiste de la psychologie sociale – Site Veille-Education

«Pour moi, la mixité est un leurre d’adulte. Les lycées mixtes ont d’abord été ouverts pour des raisons idéologiques et financières, sans que cela soit précédé, ni suivi, d’aucune étude scientifique. Donc on ne sait pas ce que provoque la mixité.»
Le psychiatre Boris Cyrulnik - Site Veille-Education


« Ne faisons pas de la mixité un absolu. Historiquement la cohabitation scolaire des filles et des garçons n’est pas du tout un principe républicain. Le principal argument de ses partisans consiste à dire que l’école doit mélanger filles et garçons, parce que la société elle-même est composée de femmes et d’hommes. Mais, dans la conception de la République, l'espace public ne représente pas la société civile, inégale par essence. Au contraire, il se bâtit en opposition à elle. L'école doit donc être un lieu protégé, et transcender la société par son aspect impersonnel et formel. En cela, la mixité marque donc plutôt un affaiblissement de l'idée républicaine. Dans les années 1960, elle avait pour objectif idéologique de lutter contre les inégalités entre les sexes, tout comme le collège unique, instauré à la même époque, avait pour objectif de lutter contre les inégalités sociales. Aujourd'hui, on se rend compte qu'il ne suffit pas de mélanger garçons et filles pour résoudre les problèmes relationnels entre les deux sexes!
Dominique Schnapper, membre du Conseil Constitutionnel et directrice de recherche à l’école des hautes études en sciences sociales. Express.fr 28/08/2003

 

« L’école s’est donc trouvée embarrassée par une mixité introduite subrepticement. Il n’y a pas eu de réflexion préalable sur les changements que cela introduisait. Et l’école a fait comme si elle pouvait continuer à se concentrer sur les apprentissages et les performances, en déniant les corps, la sexualité et les désirs, et plus généralement en négligeant sa vocation éducative.(…) Bref, on a fait comme si la mixité était suffisante pour garantir l’égalité, et elle est restée comme le rappelle Geneviève Fraisse, un impensé ».

Colloque de l’IUFM de l’Académie de Créteil .La mixité à l’école : filles et garçons. 2009

 

« Mixité et non-mixité ne sont donc pas deux options incompatibles et à opposer systématiquement, puisqu’elles peuvent coexister au sein d’un même établissement. Il faut savoir reconnaître les avantages de l’une comme de l’autre pour construire une offre pédagogique efficace à l’échelon national. Diaboliser l’une de ces options ou s’interdire d’y penser se fait au détriment de l’efficacité de tout le système éducatif ».

J.-D. Ponci, docteur en philosophie de la biologie, expert en éducation auprès des organisations internationales, délégué de l’European Association Single Sex Education (EASSE) – Newsletter juin 2010