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" Avis de tempête sur la famille"

Charles Flavigny
Edition Albin Michel

Faut-il instaurer le statut du beau-parent ? Accorder aux homosexuels le droit de se marier et d'adopter? Légaliser la gestation pour autrui ? Donner un satut juridique à l'embryon ?

L'auteur pédopsychiatre et psychanalyste nous invite à dépasser une modernité de façade pour réflêchir sur le fond sans passion ni détour aux enjeux des débats actuels sur la famille de demain.

Ci-après, quelques extraits pour donner envie d’approfondir.

 

ch. 1 La famille, entre tradition et modernité.

La « nouvelle famille » n’est plus régulée par les interdits familiaux : elle ne peut plus les établir sur des bases crédibles. Leurs fondements vacillent. Alors, elle accorde des « droits » à la personne. Certes, cela s’accompagne d’un sentiment de libération car les interdits sont par nature contraignants. Mais ils sont aussi structurants : ils ordonnent (aux deux sens du terme) les places de père, de mère, de fils, de fille. A fuir les inconvénients de la famille passée, on ne peut plus prétendre à ses avantages ; il convient de le percevoir avec lucidité.


ch..2 de la parenté à la parentalité.

La parenté est une notion à la fois symbolique et anthropologique : elle fonde les interdits familiaux, résultante du lien de filiation qui oblige. La parenté énonce une loi, la Loi Symbolique, … héritée et transmise. Elle fonctionne dans les deux sens de la relation, de manière mutuelle : il n’y a de père que depuis la confirmation dans le regard du fils, et vice versa.
La parentalité est une tâche à tenir, une fonction nourricière et éducative ; en cela, l’incidence de la différence des sexes entre les parents y devient secondaire……
La promotion de la parentalité, par rapport au lien de parenté, est une donnée essentielle des lois récentes sur l’autorité parentale ; elle favorise une neutralisation du facteur sexué…….avec le corrélat : l’accent mis sur la dimension éducative de la vie familiale, au détriment de la relation filiative, au sens de la filiation affective qui noue le lien.
Cette tendance est d’autant plus flagrante que ces lois introduisent et valorisent la notion de coparentalité……(au sein de laquelle) la différence des sexes y devient contingente, et le nombre de partenaires pas forcément limité à deux.
On assiste au glissement essentiel dans l’anthropologie actuelle de la famille, de la différence des sexes à une vague notion de distinction entre les sexes, nuançant certes les apports de chacun mais ne fondant plus la venue de l’enfant depuis leur rencontre d’êtres sexués portant l’enfantement et le partageant.

ch. 3 faut-il légaliser le mariage des homosexuels ?

Quel est le fondement du mariage, quelle est sa raison d’être ?
Le mariage (ou toute autre modalité qui institue le couple comme prélude à la famille), c’est le cérémonial qui accompagne le renoncement au désir incestueux de l’enfance. Ce renoncement est la clé pour que la vie affective s’ouvre à la relation avec un partenaire de l’autre sexe, dans un lien qui accueille la vie amoureuse et sexuelle, et s’ouvre éventuellement à la procréation.
Si la fille quitte le père pour une autre femme, c’est qu’elle ne le quitte pas vraiment : difficulté ou refus de le faire ; si l’homme quitte sa mère pour un autre homme, il en est de même. La société ne peut donc accorder le mariage aux homosexuels qu’en changeant la nature du mariage.

Le lien filial gagne à s’organiser depuis le lien tissé entre les parents. D’une part, il se tisse alors sur un lien qui lui préexiste ….. d’autre part, il se tisse selon le même procédé de tressage qu’entre les parents. C’est pour cela qu’il n’est pas sans importance que l’enfant se sente le fruit de l’union de ses parents ; et pas sans risque que la société actuelle l’omette.


ch. 4 l’enfant sans enfantement

… Peut-on adhérer sans réserve ni conséquence à la thèse homosexuelle : la différence des sexes ne serait qu’un privilège monopolisant l’accès à l’enfant ? Une société qui entérine ce raisonnement fait de la venue de l’enfant un enjeu de pouvoir de la part des adultes. Comment ne pas s’attendre à en subir la conséquence !

Depuis le regard de l’enfant, seule une relation qui porte l’enfantement rend plausible sa présence au monde : il s’y réfère. Depuis ce regard, la présence d’une femme compagne de la mère, ou bien d’un homme compagnon du père, introduit une complexité : ils se sont écartés de l’enfantement. L’enfant le sait….. cette mise en impasse, censure intérieure du désir de transgression, verrouille l’enfantement.

La différence des générations a aussi un sens, une fonction psychique ; elle ne se résume pas à la concrétude des âges. Il s’agit de sa fonction dans la construction psychique de l’enfant. Demander à devenir parent à l’âge de devenir grand-parent, c'est-à-dire au moment où l’infertilité provient de son extinction propre à une certaine étape de la vie, c’est manifester une difficulté face à de telles étapeset c’est omettre que la définition du grand-parent, dans son importance psychique pour l’enfant, est lièe à cette infécondité….. .. il a disposé de l’accès au pouvoir pro-créateur, facteur de prestige, mais n’en dispose plus, facteur de rapprochement avec l’enfant, et de complicité avec lui.

(Face à la demande des homosexuels d’être « parent ») la société doit choisir :
Soit elle tient compte de la Loi symbolique qui fonde les interdits familiaux ; et ce sera non…..elle répondra simplement qu’elle ne peut pas accorder ce qui n’est pas de son ressort. Soit elle méconnaîtra cet enjeu ; et elle se fera une société transgressive.
C’est ainsi, on ne peut avoir à la fois le message que porte l’homosexualité (la contestation du pouvoir procréateur depuis la différence des sexes), et le bénéfice du statut de parents…….. si la société omet cette donnée,….. alors elle devient une société non seulement transgressive mais de plus hypocrite.


ch. 5 Faut-il rendre légal la gestation pour autrui


ch. 6 Faut-il conférer un statut à l’embryon et à l’enfant né sans vie

Conclusion La société juvénile

La société contemporaine se flatte de vitalité, mais elle a aussi une remarquable tendance à apprécier de manière superficielle les questions posées par la vie familiale….

La société actuelle écarte de la vie familiale son pivot : la relation du don et de la dette. Ce faisant, elle témoigne, dans son regard sur la famille d’une posture juvénile.
……
Adolescent aussi , l’appétit de franchir les limites, de s’en affranchir, de s’en dire le maître….
Cet appétit s’alimente d’un fantasme de toute-puissance, habituel à l’âge adolescent….
…….
Adolescente, d’une manière générale, cette façon d’écarter le désir, qui puise au manque ; le privilège est du coup donné à l’envie.

Sur les sujets qui concernent la vie familiale et l’enfant, n’ayons pas si peur d’être adultes !